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Conseils pour instaurer le dialogue autour de la sexualité avec son adolescent

Par Maxime
5 minutes

Pourquoi est-il important d'aborder la sexualité avec son adolescent ?

Parler de sexualité à son ado n’est jamais anodin, ni pour les parents, ni pour l’enfant. Pourtant, la période de l’adolescence est marquée par de nombreux questionnements, des transformations physiques, affectives et identitaires. Éviter le sujet, c’est laisser la place à des sources d’information parfois douteuses : internet, réseaux sociaux, rumeurs… Ou tout simplement, c’est priver son enfant d’un espace sécurisé pour poser ses questions, exprimer ses doutes et affiner ses représentations.


Dialoguer autour de la sexualité, c’est aussi aborder l’intimité, le consentement, le respect de soi et des autres, l’égalité, et démystifier certains tabous. Ce dialogue contribue à développer la confiance parent-enfant et l’autonomie affective indispensable à l’âge adulte.


Choisir le bon moment pour lancer la conversation

Il n’y a pas de timing universel pour ce type de discussion, mais il est essentiel d’ajuster selon la maturité de votre adolescent et son contexte de vie. Il peut s’agir :

  • D’un échange spontané en voiture, lors d’une série télé ou après un fait d’actualité ;
  • D’un moment plus formel, quand l’adolescent fait part de questionnements ou que le corps commence à changer ;
  • D'opportunités inattendues (discussion autour d’un film, lecture partagée, réaction à une publicité, une blague, etc.).

L’idéal est de multiplier les occasions informelles pour semer des graines de réflexion, même sous forme de petites touches, et de montrer que ce sujet peut s’inviter au quotidien, sans pression.


Astuces pour poser un cadre de confiance

  • Se montrer ouvert et disponible : Dites à votre ado que vous êtes là, prêt à écouter, sans moquerie ni jugement.
  • Favoriser la confidentialité : Rassurez-le : ce qui se dit entre vous reste entre vous (dans la mesure du respect de la sécurité de l’ado).
  • Assumer ses maladresses : Reconnaissez que ces sujets ne sont pas toujours faciles à aborder, et que vous aussi avez parfois été gêné ou mal informé dans votre jeunesse.
  • Instaurer la bienveillance : Laissez-lui le temps de mettre des mots, de réfléchir, d’hésiter. Ce n’est pas grave de ne pas tout savoir, l’essentiel est d’être à l’écoute.

Démarrer la discussion : idées concrètes

  • Utiliser l’actualité ou la fiction : Un film évoquant la première fois, une série abordant le consentement ou une histoire de coming-out peuvent permettre de rebondir : "Qu’en as-tu pensé ?" ou "Ça existe autour de toi ?"
  • Faire référence à son propre parcours : "À ton âge, personne ne m’expliquait vraiment…" ou "J’aurais aimé savoir…"
  • Prendre appui sur les questions de l’ado : Parfois, une simple question sur la puberté, la contraception ou une rumeur qui circule au collège/lycée est une porte d’entrée.
  • Proposer des ressources : Livres adolescents, sites fiables, consultations jeunesse… La sexualité se découvre aussi en dehors du cercle familial.

Les thématiques clés à aborder sans tabou

  • Le corps et ses changements : Puberté, règles, éjaculations, poils, masturbation… Expliquez que tout est normal, que chaque corps grandit à son rythme.
  • Le consentement : Incontournable. Apprenez à votre ado qu’il a le droit de dire non, et que l’autre aussi, quel que soit le contexte.
  • Les sentiments et les relations : Parler de respect, d’estime de soi, d’amitiés amoureuses, des premiers flirts, sans réduire la sexualité à l’acte sexuel.
  • La contraception et la prévention : Préservatif, pilule, IST, grossesse non désirée… Fournissez des informations précises et dédramatisez : il ne s’agit pas de pousser l’ado à passer à l’acte, mais de lui transmettre les bons réflexes.
  • L’orientation sexuelle et l’identité de genre : Expliquez la diversité des attirances, des genres, valorisez le respect des différences, ouvrez la porte au dialogue pour éviter les situations de malaise ou de harcèlement.
  • Ce que l’on voit (et ne voit pas) sur internet : Pornographie, réseaux sociaux, fake news… Donnez des repères pour prendre du recul, éviter la pression et préserver son intimité en ligne.

Ce qu’il vaut mieux faire… et éviter absolument


  • Favoriser les questions, même maladroites : Ne vous moquez pas, ne coupez pas l’élan. Si la question paraît décalée, reformulez avec respect.
  • Se renseigner en amont : Ne pas hésiter à s’informer, lire ou écouter des podcasts spécialisés pour actualiser ses connaissances et démontrer la valeur de l’information fiable.
  • Ne pas imposer sa vision : Chacun fait sa propre expérience. Préférez le partage d’avis, de valeurs familiales, à la prescription ou à la menace.
  • Éviter les discours culpabilisants ou alarmistes : Le "fais pas ci sinon…" ou "les garçons veulent toujours…" enferment, alors qu’il s’agit de responsabiliser et pas de faire peur.
  • Ne pas juger les confidences ou les expériences : Votre enfant cherche parfois l’approbation mais, plus souvent, votre écoute. Restez disponible, même si ce qu’il ou elle dit vous déroute ou surprend.
  • Être patient face au silence : L’ado hésite souvent, ou veut garder sa part d’intimité. Laissez la porte ouverte au dialogue, montrez que vous restez un adulte ressource.

Des rituels pour installer le dialogue dans la durée

  • Points réguliers mais non formels : Glissez parfois "si tu as voulu en reparler, tu sais que je suis prêt..." ou "tu trouveras toujours une oreille ici."
  • Supports anonymes : Invitez l’ado à déposer des questions anonymes dans une "boîte à discussion" familiale, ou à glisser un mot s’il préfère écrire plutôt que parler.
  • Moments à deux : Prévoir des petites sorties, repas ou balades à deux pour créer naturellement un climat propice à la confidence.
  • Valoriser l’humour : Sans tourner en dérision, un sourire ou une plaisanterie légère détend l’atmosphère et normalise la conversation.

Questions fréquemment posées par les parents

  • Et si mon ado ne veut pas parler ?
    Ne forcez jamais. L’important est d’assurer que l’espace existe et existe durablement. Rappelez-lui les personnes ou lieux ressources : infirmier(e) scolaire, médecin, centres de consultations jeunes, sites d’informations adaptés.
  • À quel âge commencer à parler sexualité ?
    Dès les premières interrogations sur le corps, la naissance, les différences filles/garçons… Il s’agit d’aborder la sexualité progressivement, en fonction de la maturité de l’enfant puis de l’adolescent. Il n’est jamais “trop tôt” pour transmettre la notion de respect et de consentement.
  • Dois-je être le seul adulte de référence ?
    Si le parent se sent dépassé, on peut relayer à un autre adulte de confiance (tonton, marraine, médecin…). L’important est que l’ado sache à qui s’adresser en cas d'interrogation ou de souci.
  • Dois-je m’inquiéter si je découvre du contenu sexuel sur le téléphone de mon ado ?
    L’accès à la pornographie est aujourd’hui très précoce. Plutôt que crier ou punir, abordez l’importance du respect de soi et des autres, rappelez la différence entre fiction et vraie vie, évoquez les risques liés au partage d’images ou d’informations privées.
  • L’école suffit-elle pour l’éducation sexuelle ?
    L’école propose des interventions, mais c’est le dialogue au sein de la famille qui permet d’affiner, de corriger, d’ajuster. Les parents restent les plus à même de transmettre leurs valeurs et d’être à l’écoute du vécu concret de leur ado.

Les bénéfices d’un dialogue serein autour de la sexualité

  • Un adolescent mieux informé, qui sait distinguer mythe et réalité.
  • Une communication familiale renforcée, basée sur la confiance et le respect.
  • La prévention des risques (IST, grossesses non désirées, harcèlement, violences…)
  • Un sentiment d’autonomie, de liberté et de sécurité pour l’ado.
  • La possibilité d’aborder toutes les thématiques difficiles, au-delà de la sexualité : conduites à risque, addictions, émotions…

Résumé : accompagner, écouter, évoluer

  • Gardez à l’esprit qu’aborder la sexualité c’est accompagner l’ado dans la construction de soi, bien au-delà des seules pratiques.
  • Écoutez avant de conseiller, rassurez plutôt que de prescrire.
  • Adaptez, répétez, réajustez : chaque ado, chaque famille, chaque moment est unique.
  • Transformez ce sujet délicat en levier de confiance et d’émancipation pour toute la famille.

Le plus important n’est pas d’avoir toutes les réponses, mais de montrer à votre adolescent qu’il n’est jamais seul pour les chercher.

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