Bébés

Détecter et soulager les coliques chez bébé : méthodes éprouvées

Par Maxime
5 minutes

Comprendre ce que sont les coliques chez le nourrisson

Durant les premiers mois de la vie, il n’est pas rare que les bébés soient sujets à de longues crises de pleurs qui inquiètent les parents. Il s’agit souvent de coliques, ce phénomène mystérieux qui touche de nombreux nourrissons entre la 2e semaine et le 4e mois de vie. Mais comment reconnaître les coliques et, surtout, quels gestes adopter pour soulager efficacement son bébé au quotidien ? Voici un guide pas à pas, ancré dans l’expérience parentale et les recommandations les plus fiables.


Identifier les coliques : les signes à observer

Le repérage des coliques repose sur une association classique de symptômes. On parle de coliques quand :

  • Pleurs intenses et soudains : survenant souvent en fin de journée ou le soir, difficiles à calmer, durant parfois plus de 3 heures, au moins 3 jours par semaine.
  • Gêne abdominale visible : bébé replie ses jambes sur son ventre, serre les poings, son visage devient rouge, il peut se tortiller ou se raidir.
  • Gaz et ballonnements : on perçoit des gargouillements, le ventre semble tendu, les gaz sont fréquents et parfois odorants.

Cet inconfort n'est pas lié à une maladie ou à une allergie mais à une immaturité de l'appareil digestif du bébé, qui apprend à gérer lait, air dégluti, microbes et micro-vie intestinale !


Ce qu'il faut savoir : mythe et réalité autour des coliques

  • Les coliques ne sont pas une maladie et n’ont pas de conséquence sur la santé à long terme.
  • Elles surviennent aussi bien chez les bébés allaités qu’au biberon.
  • Les causes restent multiples et mal élucidées : immaturité du transit, gaz, hypersensibilité, sur-stimulation en journée ou besoin de décharger le stress.
  • Les coliques disparaissent le plus souvent d’elles-mêmes autour du 3e ou 4e mois.

Les bons réflexes pour soulager bébé : ce qui marche (et ce qu'il vaut mieux éviter)

Créer un cocon apaisant

  • Le portage : installer bébé en écharpe ou dans les bras, ventre contre vous, aide souvent à calmer les pleurs, grâce à la chaleur, au bercement et au contact physique. La position verticale facilite aussi l’expulsion des gaz.
  • Les bruits blancs : le son d’un aspirateur, d’un sèche-cheveux ou d’une application dédiée reproduisant un battement de cœur ou des vagues peut apaiser les bébés coliquards.
  • La lumière tamisée et le silence : réduire les stimulations (télé, conversations, lumière forte) limite la sur-excitation, principale cause de crises le soir.

Les massages du ventre, mode d'emploi

  • Lavez-vous les mains puis posez-les à plat sur le ventre de l’enfant.
  • Avec une pression très douce, réalisez des cercles dans le sens des aiguilles d’une montre (sens du transit). Huile de massage neutre (type calendula ou amande douce) facultative.
  • Puis effectuez la "gymnastique douce" : remontez délicatement les jambes repliées vers le ventre, maintenez quelques secondes puis relâchez. Répétez plusieurs fois pour aider l’expulsion des gaz.

Détecter d’éventuelles erreurs d’alimentation

  • Allaitement : parfois, une mauvaise prise du sein ou une succion inefficace fait avaler trop d’air. N’hésitez pas à consulter une conseillère en lactation.
  • Biberon : vérifiez la tétine (débit adapté à l’âge, absence de fuite d’air), et faites des pauses "rot" régulières en cours de tétée.
  • Changement de lait : sauf avis médical, un lait infantile "anti-colique" n’améliore pas forcément la situation. Un lait spécialisé doit toujours être discuté avec le pédiatre et non imposé d’emblée.

Le plus important reste la régularité, la douceur et une alimentation adaptée au stade de votre enfant.


Techniques complémentaires utiles

  • Poussettes rythmiques et balancements : marcher doucement avec bébé en bras ou en poussette, voire pratiquer la fameuse "danse des coliques" (mouvements de balancier) détend certains nourrissons.
  • Bain tiède : un bain court, à bonne température, avant la crise ou juste avant la fin de journée, peut détendre les muscles abdominaux et calmer bébé.
  • Sucette : la succion, même non nutritive, est apaisante pour certains bébés.

Méthodes à éviter et fausses “bonnes” idées

  • Automédication : il n’existe pas de médicament miracle contre les coliques. Attention aux remèdes maison, aux tisanes et aux huiles essentielles (dangereuses avant 3 ans).
  • Changer sans arrêt de lait ou de technique : multiplier les essais peut aggraver les troubles digestifs ou générer de l’anxiété pour toute la famille.
  • Pression ou énervement : bébé ressent tout ! Face à sa détresse, gardez au mieux votre calme (quitte à passer le relais quelques minutes).

Questions fréquentes sur les coliques de bébé

  • Doit-on s'inquiéter si les crises de pleurs sont fréquentes ?
    Non, si bébé boit bien, grossit, mouille ses couches, qu'il n'a pas de fièvre, diarrhée ou vomissement. Consultez en cas de doute, d’altération de l’état général, de sang dans les selles ou de fièvre.
  • Doit-on donner du lait “anti-colique” ?
    Pas systématiquement. Parlez-en avec le pédiatre avant tout changement.
  • Les probiotiques ou tisanes pour bébé aident-ils ?
    L’efficacité reste variable. Seules certaines souches de probiotiques sont étudiées (lactobacilles), consultez avant toute initiative. Évitez les tisanes de grand-mère sans validation pédiatrique, surtout avant 4-6 mois.
  • Mon stress peut-il aggraver les coliques de mon bébé ?
    Oui, la tension familiale influence souvent l’intensité des pleurs. Accordez-vous des relais et demandez de l’aide si la situation devient difficile à vivre.
  • Combien de temps durent les coliques ?
    Elles disparaissent en général d’elles-mêmes entre 3 et 4 mois, parfois un peu plus tard selon les bébés.

Check-list pour parents épuisés : les vrais gestes utiles

  • Apprenez à reconnaître les signes pour éviter de confondre avec une maladie.
  • Basculez sur le portage ou posez bébé sur votre avant-bras, ventre en appui. Alternez avec le massage doux du ventre.
  • Faites des pauses régulières lors des tétées pour éviter air et ballonnements.
  • Calez la routine d’endormissement sur un environnement calme, tamisé, propice au repos.
  • Déléguez dès que nécessaire : un bain, une promenade, ou quelques minutes à l’écart offrent une pause salvatrice !
  • N’hésitez pas à rejoindre un groupe de parents, à échanger, ou à solliciter la PMI si vous sentez la fatigue ou les doutes s’installer.
  • Rappelez-vous que ces crises ont une fin : patience, bienveillance, et soutien sont essentiels pour traverser cette phase parfois éprouvante.

Conseils concrets pour rester zen (et aider bébé à le devenir)

  • Respectez l’instinct de votre enfant tout en gardant des repères réguliers (repas, sommeil, câlins).
  • Entourez-vous : alternance des bras, relais avec votre partenaire, implication de la fratrie pour les moments les plus difficiles.
  • Gardez confiance : la majorité des bébés traversent cette étape, sans incidence sur leur santé ni leur développement futur.

À retenir : patience et gestes doux, le combo gagnant

Les coliques du nourrisson sont un passage courant, mais elles fragilisent le moral et l’énergie de bien des familles. Misez sur l’observation, la régularité, et la bienveillance : ce sont les clés pour soulager le bébé… et les parents ! Face à ces pleurs, ne restez jamais seuls. Le soutien, l’information claire et quelques gestes simples au quotidien suffisent souvent à traverser sereinement ces moments, tout en restant à l’écoute des vrais signaux d’alerte. En quelques semaines, tout rentre (enfin) dans l’ordre !

Articles à lire aussi
astucesfamille.fr