Éducation

Encadrer l’aide aux devoirs entre frères et sœurs : éviter la rivalité et encourager le partage

Par Maxime
5 minutes

Faire rimer entraide et harmonie lors des devoirs en fratrie

L’aide aux devoirs peut être un terrain propice au partage et à la coopération entre frères et sœurs, mais elle peut aussi réveiller tensions ou rivalités. Au quotidien, nombreux sont les parents à souhaiter que leurs enfants s’entraident après l’école, tout en redoutant les comparaisons ou conflits qui pourraient survenir. Comment canaliser cette dynamique pour qu’elle bénéficie à tous ? Focus sur les meilleures pratiques pour transformer l’aide aux devoirs en un véritable moteur d’échanges et d’épanouissement familial.


Entre soutien et compétition : comprendre les enjeux de la fratrie

Les relations fraternelles oscillent souvent entre solidarité spontanée et petites luttes de pouvoir. Lorsqu’on introduit le thème des devoirs, cela apporte son lot de défis : différences de niveau scolaire, rythmes d’apprentissage distincts, personnalités variées… Pourtant, en structurant cet espace, on peut limiter la rivalité et renforcer les liens :

  • Valorisation de la complémentarité : L’aîné peut expliquer des règles, le cadet proposer une astuce mémotechnique, le benjamin questionner la logique du problème.
  • Risque de comparaisons : Les écarts d’âge ou d’aisance scolaire peuvent générer frustration ou sentiment d’injustice.
  • Gestion de l’implication parentale : Un encadrement bienveillant aide à éviter que l’un s’impose en « petit prof » tandis que l’autre reste passif ou se braque.

Poser les bonnes bases pour une entraide efficace

Avant même de débuter, il est crucial d’établir quelques règles claires pour responsabiliser les enfants, tout en leur offrant un cadre sécurisant.

  • Encourager la bienveillance : Rappeler que l’objectif n’est pas de se juger mais de progresser ensemble.
  • Privilégier l’oralisation des procédures : Demander à celui qui aide d’expliquer à voix haute, sans donner la réponse directement.
  • Laisser chacun à son rythme : Proscrire chronomètres ou concours de vitesse ; soutenir la patience et l’écoute.
  • Impliquer tous les membres de la fratrie : Même le plus jeune peut participer (coloriage, poser des questions, reformuler une consigne simple).
  • Installer un espace matériel neutre : Prévoir une table commune ou séparer selon l’humeur, mais garder un cadre rangé et propice à la concentration.

Comment organiser concrètement les séances d’aide aux devoirs

Réussir l’entraide, c’est avant tout une question de méthode. Voici des conseils pratiques pour favoriser une ambiance sereine :

  • Définir un temps dédié : Plutôt court (20 à 40 minutes), adapté à l’âge des enfants.
  • Commencer par une question ou une leçon facile : Cela rassure et évite de démarrer sur une frustration.
  • Changer de rôle régulièrement : Celui qui aide aujourd’hui peut avoir besoin d’un coup de pouce demain.
  • Utiliser des outils collaboratifs : Ardoises, fiches, jeux de rôle ou « quiz inverse » où le petit interroge le grand.
  • Faire des pauses ludiques : Un jeu rapide, une blague ou une devinette permettent de relâcher la pression si l’ambiance s’envenime.

Exemple de répartition des tâches selon l’âge

  • En maternelle : Tracer les chiffres, chanter une comptine ensemble, manipuler des objets pour les maths.
  • En primaire : Lire un court texte à voix haute, expliquer un exercice de calcul, raconter ce qu’on a retenu de la leçon.
  • Collège et + : Résumer un chapitre, corriger une dictée, expliquer une technique (division, géométrie, etc.).

Rivalité : comment la prévenir ou réagir en cas de tension

Même avec les meilleures intentions, le risque d’agacement ou de comparaison existe. Voici comment désamorcer la rivalité avant qu’elle ne s’installe :

  • Reconnaître les compétences de chacun : L’un brille en maths, l’autre en sciences ; félicitez la diversité plutôt que la hiérarchie.
  • Nommer les émotions : Accepter frustration et colère sans jugement, proposer que chacun exprime ce qu’il ressent.
  • Privilégier la coopération sur la compétition : Définir un objectif commun plutôt qu’une comparaison (ex : finir ensemble un devoir difficile).
  • Pallier le déséquilibre d’expertise : Si l’aîné prend trop de place, proposez qu’il expérimente l’écoute ou la reformulation, ou créez un roulement.
  • Éviter toute valorisation excessive du « meilleur » : Mieux vaut récompenser l’effort ou la patience que la performance brute.

Encourager le partage et la responsabilisation

Au fil du temps, l’aide aux devoirs devient l’occasion d’apprendre la coopération et l’altérité. Quelques astuces pour transformer ce temps en expérience constructive :

  • Mettre en avant les réussites communes : Consigner les victoires partagées dans un cahier familial peut motiver.
  • Favoriser l’autonomie : À partir d’un certain âge, inciter les enfants à créer leurs propres supports de révision, à organiser leur aide ou à s’exprimer sur leur méthode idéale.
  • Échanger autour de moments informels : Par exemple, « En rentrant de l’école, qu’as-tu aimé dans tes devoirs aujourd’hui ? »
  • Responsabiliser les plus grands sans pression : L’aîné n’est pas un adulte – ses interventions doivent être limitées en durée et guidées s’il semble mettre la pression.

Ressources et outils pour faciliter la coopération

  • Jeux éducatifs en ligne ou applications collaboratives où plusieurs enfants révisent ensemble.
  • Fiches de rôles : préparer à l’avance les tâches banalisera les rotations (« lecteur », « correcteur », « formateur », etc.).
  • Petits challenges familiaux : ex : inventer ensemble la question la plus piège, puis la résoudre collectivement.

Quel rôle pour le parent dans cet encadrement ?

Le parent doit rester garant du bon climat plus qu’intervenant sur le contenu lui-même.

  • Rester à l’écoute : Observer les signes de découragement ou d’envie de domination, et intervenir si besoin pour réajuster.
  • Guider sans imposer : Proposer des stratégies plutôt que d’imposer une méthode unique.
  • Éviter de jouer l’arbitre ou le jury : Les conflits peuvent être régulés par le dialogue ou une pause.
  • Donner l’exemple de la coopération : En s’impliquant ponctuellement, en réutilisant la démarche de questionnement ou d’écoute active.

Questions fréquentes autour de l’entraide entre frères et sœurs

  • Que faire si l’aîné refuse d’aider ?
    Pas d’obligation. Respecter ses limites, proposer une mission ludique ou différer l’entraide selon sa disponibilité.
  • Et si le plus jeune se sent « inférieur » ?
    Valoriser ses atouts, organiser des tours de rôle inversés ou changer d’activité pour éviter le repli.
  • Mon cadet va-t-il progresser plus vite ainsi ?
    Oui, surtout pour la compréhension orale et la construction de routines, mais attention à ne pas créer d’inégalités sur le long terme.
  • Est-ce réservé aux grandes fratries ?
    Non, même à deux, l’entraide fonctionne. L’essentiel : le plaisir de partager, pas le nombre.

Résumé pratique : installer un climat d’entraide positif dans la durée

  • Démarrer par des séances courtes et régulières.
  • Privilégier bienveillance et humour plutôt que la course au résultat.
  • Mettre en avant l’effort, la patience et le progrès commun.
  • Favoriser le dialogue sur les ressentis de chacun : « Qu’est-ce que tu as préféré/moins aimé aujourd’hui ? »
  • Adapter et ajuster les règles selon l’évolution de l’entraide et l’âge des enfants.

L’aide aux devoirs entre frères et sœurs peut devenir un précieux terrain d’apprentissage de la solidarité… à condition d’être encadrée avec souplesse, écoute et un brin de créativité. En privilégiant la coopération plutôt que la comparaison, vous transformerez ce moment en ressource pédagogique et affective pour toute la famille.

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