Santé des enfants

Que faire en cas de fièvre chez un enfant : les bons réflexes

Par Maxime
5 minutes

Fièvre chez l’enfant : comprendre pour bien réagir

La fièvre est l’un des motifs de consultation les plus fréquents chez les enfants. Face à un thermomètre qui grimpe, de nombreux parents s’interrogent : quand faut-il s’inquiéter ? Que faire à la maison ? Quels gestes privilégier – ou au contraire éviter ? Bonne nouvelle : dans la majorité des cas, la fièvre chez l’enfant est bénigne et signe la mobilisation de ses défenses immunitaires. Voici les réflexes essentiels pour y voir clair, agir efficacement et savoir quand consulter, sans stress inutile.


Définir la fièvre et prendre la température

On considère qu’un enfant a de la fièvre quand sa température corporelle atteint ou dépasse 38°C (en prise rectale, la plus fiable). Cette élévation de la température est une réaction normale de l’organisme, souvent liée à une infection virale ou bactérienne. Mais comment bien mesurer ?

  • Moins de 2 ans : la voie rectale demeure la référence (thermomètre électronique ou à gallium).
  • Plus de 2 ans : la prise axillaire (sous l’aisselle) ou auriculaire (oreille) peut être envisagée, en suivant la notice du thermomètre.

Bon réflexe : Prendre la température à distance des repas, d’un bain ou d’une sieste voire d’un coup de chaud dû à un effort.


Observer l’enfant avant tout

Un chiffre sur le thermomètre ne fait pas tout. Il est fondamental d’observer l’état général de son enfant : est-il éveillé, mange-t-il, boit-il, joue-t-il malgré la fièvre ? Ou au contraire semble-t-il abattu, apathique, difficile à réveiller ?

  • Un enfant qui garde le sourire, même avec 39°C : surveillance simple, sans urgence.
  • Un enfant grognon, somnolent, qui refuse de boire, de s’alimenter : vigilance accrue, voire consultation rapide.
  • Symptômes associés préoccupants : convulsions, difficulté à respirer, douleur intense, vomissements répétés, raideur de la nuque, taches sur la peau : consultez sans attendre.

Bonnes pratiques : soulager la fièvre à la maison

Dans 90 % des cas, la fièvre ne nécessite pas de médicaments systématiques. Elle joue un rôle dans la lutte contre les microbes. L’objectif est avant tout le confort de l’enfant.

  • Hydratation : Proposer à boire régulièrement (eau, lait, soupe, compote fluide selon l’âge), même en très petites quantités et même en cas de refus d’alimentation solide.
  • Vêtements : Adapter la tenue à la température ambiante : ni trop couvert, ni trop découvert. Un pyjama léger ou un body suffit le plus souvent, sauf si l’enfant frissonne.
  • Chambre : Veiller à une température de 19-20°C dans la pièce, aérer quotidiennement.
  • Repos : Respecter le rythme de l’enfant, sans forcer au lit s’il veut jouer calmement.
  • Bain frais, gants mouillés : À éviter désormais car cela ne fait pas baisser durablement la température et aggrave le mal-être.

Médicaments contre la fièvre : quand et comment ?

Les antipyrétiques (paracétamol, ibuprofène) ne sont pas automatiques. On ne traite la fièvre que si elle entraîne un inconfort (gène, douleur, mauvaise tolérance) chez l’enfant.

  • Paracétamol : Premier choix, à la dose adaptée au poids de l’enfant (jamais en automédication prolongée).
  • Ibuprofène : Pour les plus de 3 mois, en l’absence de contre-indication rénale, digestive ou infectieuse (otite, angine purulente, varicelle : prudence !).
  • Aspirine : Déconseillée chez l’enfant sauf indication médicale stricte.
  • Alternance paracétamol/ibuprofène : Non recommandée en routine. Risque d’erreurs de dose ; mieux vaut choisir un seul produit, bien dosé, et respecter les intervalles.

Astuces : Notez l’horaire, le nom, la dose donnée pour éviter tout risque de surdosage.


Ce qu’il faut éviter absolument

  • Ne jamais donner d’antibiotiques sans prescription médicale, même si la fièvre persiste.
  • Éviter de trop découvrir/brusquer l’enfant pour baisser « à tout prix » la fièvre.
  • Prendre la température toutes les 10 minutes : fiez-vous à l’état général, pas au seul chiffre.
  • Consulter d’urgence uniquement sur la hauteur isolée de la fièvre (ex : 40°C mais enfant encore souriant, buvant bien).

Quand faut-il consulter ? Les signaux d’alerte

  • Bébé de moins de 3 mois : Fièvre = consultation obligatoire, même si l’enfant va bien.
  • Fièvre supérieure à 3 jours sans amélioration, ou inexpliquée chez un enfant plus grand.
  • Mauvaise tolérance : enfant groggy, très faible, se plaint d’une douleur intense, vomissements persistants, respiration difficile, refus total de boire.
  • Convulsions fébriles : Consultez sans délai, surtout pour une première crise.
  • Taches sur la peau (pétéchies), raideur de la nuque, grosse somnolence : Urgence médicale.

N’hésitez pas à contacter votre médecin ou le 15 si un doute persiste.


Comment surveiller un épisode de fièvre ?

  • Prendre la température 2 à 3 fois par jour pour suivre l’évolution, sans excès.
  • Surveiller l’état général : appétit, soif, éveil, comportement.
  • Notez les heures, symptômes associés, éventuels médicaments donnés pour communiquer précisément avec votre médecin.
  • Ne jamais interrompre brutalement un traitement prescrit au motif que l’enfant redevient fiévreux après une accalmie (risque d’erreur). Demandez conseil.

Focus : la fièvre chez le nourrisson

Chez les tout-petits (moins de 3 mois), la fièvre doit systématiquement alerter, même en l’absence de symptômes. Leur système immunitaire étant immature, toute élévation thermique peut révéler une infection sérieuse : direction le médecin, les urgences ou SOS Médecins sans attendre.

  • Pas d’automédication, pas de « bain frais » ou de « gouttes maison ».
  • Vérifiez la température rectale, couvrez normalement, proposez l’allaitement ou le biberon fréquemment.

Idées reçues sur la fièvre : démêler le vrai du faux

  • « La fièvre est dangereuse en soi » : Faux ! Jusqu’à 41°C, la fièvre n’entraîne pas de séquelles. Ce n’est pas elle qui provoque l’épilepsie, par exemple.
  • « Il faut à tout prix la faire baisser » : Faux : il s’agit surtout de surveiller le confort de l’enfant.
  • « Plus elle est élevée, plus c’est grave » : Pas forcément. Mieux vaut se fier à l’état de l’enfant qu’au seul chiffre du thermomètre.
  • « Les bains tièdes font baisser la fièvre » : Pratique dépassée, inefficace et inconfortable.
  • « Antipyrétiques = guérison accélérée » : Non, ils apaisent mais ne modifient pas la durée de l’infection.

Prévenir les complications

  • Hydratation régulière : risque de déshydratation accru chez les petits (fontanelle creusée, moins de couches mouillées, pleurs sans larmes : danger !).
  • Surveillance des convulsions fébriles : plus fréquentes de 6 mois à 5 ans, généralement sans gravité mais toujours impressionnantes (allonger l’enfant sur le côté, noter la durée, consulter).

Le carnet des bons réflexes pour toute la famille

  • Gardez une liste à jour du poids de l’enfant pour calculer les doses de paracétamol/ibuprofène.
  • Privilégiez la consultation téléphonique/visio en premier recours si l’état général est stable (et que la pandémie COVID ou une autre maladie infectieuse circule).
  • Prévoyez toujours une réserve d’antipyrétiques à jour de péremption dans la pharmacie.
  • En cas de doute, ne jamais hésiter à questionner le pharmacien, votre médecin ou les urgences.

En synthèse : agir sans inquiétude excessive

  • Observez toujours l’enfant dans sa globalité, pas seulement la température.
  • Hydratez, laissez reposer, adaptez la tenue et limitez les médicaments aux situations d’inconfort.
  • Surveillez les signaux de gravité et consultez vite si besoin.
  • Ne paniquez pas : la grande majorité des fièvres infantiles sont bénignes et passent en 2 à 4 jours.

Une fièvre bien accompagnée est rarement un danger. Faites confiance à votre vigilance, à votre bon sens, et quand un doute subsiste, mieux vaut demander conseil que de rester isolés avec vos inquiétudes. Les pédiatres et professionnels de santé sont là pour vous guider à chaque étape.

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