Santé des enfants

Lutter contre les troubles du sommeil liés aux écrans chez les enfants

Par Maxime
5 minutes

Comprendre le lien entre écrans et sommeil chez les enfants


L’omniprésence des écrans dans la vie quotidienne a changé nos habitudes, particulièrement celles des enfants et adolescents. Tablettes, smartphones, ordinateurs et téléviseurs sont devenus des objets familiers dès le plus jeune âge. Or, leur usage intensif impacte directement la qualité du sommeil. Les troubles du sommeil liés aux écrans sont en forte augmentation, ce qui inquiète nombre de parents et de professionnels de santé. Mais comment l’exposition aux écrans perturbe-t-elle réellement le repos de nos enfants ? Et, surtout, comment y remédier de façon concrète dans le quotidien familial ?


Pourquoi les écrans perturbent-ils le sommeil ?


Les troubles du sommeil ne se limitent pas à “s’endormir plus tard” : ils englobent des endormissements difficiles, des réveils nocturnes fréquents, un sommeil non réparateur, voire un épuisement chronique. L’implication des écrans s’explique par plusieurs facteurs :


  • La lumière bleue : Les écrans émettent une lumière bleue qui perturbe la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil. Cette lumière retarde l’endormissement et modifie la qualité du sommeil profond.
  • La stimulation cognitive : Les contenus interactifs (jeux vidéo, réseaux sociaux, vidéos) excitent le cerveau et maintiennent l’enfant dans un état d’alerte incompatible avec une mise au repos rapide.
  • Le retard au coucher : Le temps passé devant un écran empiète souvent sur la routine du soir, retardant l’heure du coucher et réduisant la durée totale du sommeil.
  • La dépendance et le stress : Les sollicitations sociales ou l'envie de “finir une partie” suscitent frustration, stress ou anxiété, qui nuisent eux aussi à l’endormissement.

Quels signes doivent alerter les parents ?


  • Endormissement très tardif ou très long (plus de 30 minutes chaque soir)
  • Réveils nocturnes en dehors des besoins physiologiques
  • Fatigue au réveil, sautes d’humeur, irritabilité dans la journée
  • Baisse des performances scolaires ou difficultés de concentration
  • Envie constante de retourner sur un écran, surtout le soir

Si un ou plusieurs de ces signaux deviennent réguliers, il est temps d’ajuster les habitudes numériques familiales.


Bonnes pratiques : structurer l’usage des écrans le soir


La clé, ce n’est pas d’interdire, mais de réguler et ritualiser.


  • Instaurer un « no screen » 1h avant le coucher : Sauf cas exceptionnel (film familial), on coupe tous les écrans au moins une heure avant d’aller au lit. Ce laps de temps permet au cerveau de réduire son niveau d’excitation et au corps de commencer à sécréter naturellement la mélatonine.
  • Privilégier les activités calmes : Lecture, jeux de société, coloriages ou discussions en famille sont parfaits pour installer une atmosphère apaisée.
  • Mettre en place des repères visuels : Par exemple, un sablier, un réveil ou une alarme « fin d’écran » pour que l’enfant anticipe l’arrêt, sans stress ni négociation à rallonge.
  • Sortir les écrans de la chambre : Téléviseurs, tablettes et smartphones restent dans le salon. La chambre doit rester un espace dédié exclusivement au sommeil et à la détente.
  • Inciter à l’auto-observation : Parler avec l’enfant de ce qu’il ressent, de sa qualité de sommeil en fonction de ses routines du soir, l’aide à prendre conscience des effets.

Adapter les usages en fonction de l’âge


Chez les tout-petits (0-5 ans)

  • Éviter absolument les écrans le soir : avant 3 ans, les écrans sont déconseillés. Après 3 ans, la règle reste de limiter à 20-30 minutes max, très loin du coucher, et jamais seuls devant l’écran.

Chez les 6-10 ans

  • Fixer clairement les horaires : par exemple, un temps d’écran entre la fin des devoirs et le repas, mais jamais après.
  • Responsabiliser : expliquer le « pourquoi » et les conséquences sur l'énergie/le bien-être.

Ados (11 ans et +)

  • Dialoguer sur l’autonomie et les routines : trouver un compromis pour éviter les conflits frontaux, négocier ensemble un “contrat” écrit peut aider.
  • Encourager les ados à mettre eux-mêmes leur smartphone en charge hors de la chambre la nuit.

Techniques concrètes pour faciliter l’endormissement


  • Créer une routine du coucher stable : Même les plus grands ont besoin de signaux récurrents pour activer leurs mécanismes de “mise en veille” (douche, brossage des dents, histoire, lumière tamisée).
  • Utiliser des applications de filtres de lumière bleue : Si l’enfant doit terminer un devoir sur écran, activer le mode “lumière chaude” ou installer un filtre sur tablette peut atténuer les effets négatifs.
  • Instaurer des moments de déconnexion familiale : Par exemple, chaque dimanche soir, soirée sans aucun écran, jeux ou discussions. Le collectif motive le respect des règles.
  • Favoriser l’activité physique et l’exposition à la lumière naturelle la journée, facteurs essentiels pour un sommeil nocturne réparateur.

Ce qu’il vaut mieux éviter


  • Menacer ou punir avec l’écran : Cela renforce la charge émotionnelle négative et la “valeur” de l’écran pour l’enfant.
  • Laisser un écran vidéo en “bruit de fond” le soir : Même en mode passif, le cerveau reste stimulé et la qualité du repos chute.
  • Proposer des vidéos ou jeux actifs juste avant d’aller au lit : Privilégier le calme et des contenus relaxants durant la soirée.

FAQ : réponses aux questions fréquentes des parents


  • L’écran de télé est-il moins nocif que la tablette ?
    Non : c’est la lumière bleue et la stimulation du cerveau qui comptent, pas seulement la taille de l’écran. Mais sur tablette ou smartphone, l’enfant est souvent plus proche de la source lumineuse, ce qui potentialise les effets.
  • La lecture sur liseuse pose-t-elle problème ?
    Si elle utilise une technologie à encre électronique (pas rétro-éclairée), il n’y a pas de risque pour la mélatonine : c’est donc une bonne alternative le soir.
  • Un ado peut-il “survivre” sans portable dans la chambre ?
    Oui : la première semaine, l’angoisse est réelle, puis le rituel change. Argumenter sur le lien entre sommeil et bien-être général, plutôt que sur la sanction, fonctionne mieux. On peut prévoir une période d’essai, puis faire le point ensemble en famille.
  • Les enfants qui s’endorment devant la télé dorment-ils vraiment ?
    Non : leur cerveau n’atteint pas un sommeil profond réparateur. Ils peuvent paraître endormis, mais la récupération est mauvaise et le réveil plus difficile.

Check-list pratique : instaurer une routine saine


  • 1h avant dodo : extinction des écrans pour tous
  • Branchement des appareils hors de la chambre
  • Début de la routine transition : lumière tamisée, calme, activité douce
  • S’assurer que personne ne « grignote » du temps d’écran en cachette : valoriser la confiance
  • Rappeler les bénéfices : meilleure forme, meilleure humeur, journées plus faciles

Résumé concret : pour des nuits paisibles sans renoncer au numérique


  • Lutter contre les troubles du sommeil liés aux écrans, c’est surtout apprendre à s’en servir intelligemment : organiser, expliquer, impliquer, ajuster, mais aussi savoir s’adapter à l’âge et à la personnalité de chaque enfant.
  • Le dialogue reste le meilleur levier : mettez-vous autour de la table, notez ensemble les règles et tenez-vous-y tous, parents compris !
  • Priorisez la régularité et la bienveillance : privilégiez la discussion à la confrontation, et adaptez les consignes en cas de grand changement de rythme (vacances ou évènement familial).
  • Enfin, n’oubliez pas que la parentalité “sans écran” n’existe pas : l’enjeu n’est pas d’éliminer totalement les écrans, mais de leur donner une juste place, compatible avec le développement harmonieux de chaque enfant.

Pour aller plus loin, de nombreux guides pratiques existent sur le site de l’Assurance Maladie (ameli.fr) ou sur internet-sans-crainte.fr : n’hésitez pas à piocher ces ressources pour compléter l’accompagnement familial. Le sommeil, c’est le premier allié de la santé de nos enfants !

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